L'Alliance Française des Artificiers condamne avec la plus grande fermeté le détournement des chandelles romaines à des fins violentes, contre les policiers, les gendarmes ou les pompiers. Notre industrie n'en est en aucune façon la source : ces actes sont commis avec des produits achetés hors de tout circuit légal français, notamment via des plateformes en ligne d'origine polonaises ou tchèques.
Créée en 2024, l'Alliance Française des Artificiers (ALFA) est l'organisation professionnelle de référence qui représente les acteurs légaux de la filière pyrotechnique française auprès des pouvoirs publics, locaux comme nationaux.
Nos membres fabriquent et distribuent légalement la quasi intégralité des feux d'artifice vendus légalement en France. Les distributeurs avec lesquels nos membres travaillent s'engagent à respecter scrupuleusement l'arrêté du 17 décembre 2021 modifié, qui impose de tracer chaque transaction et de signaler les achats suspects.
Fabricant et distributeur historique. Formations certifiantes F4/T2, catalogue complet F1 à F4, accompagnement des collectivités et particuliers.
www.jacques-prevot.frSpécialiste reconnu de la distribution professionnelle d'articles pyrotechniques sur l'ensemble du territoire national.
www.ardi.fr
Expert en articles pyrotechniques pour l'industrie, le spectacle vivant et les collectivités territoriales.
www.pyragric.frConformément à l'article R.557-6-3 du Code de l'environnement (décret n° 2015-799 du 1er juillet 2015, transposant la directive européenne 2013/29/UE), les articles pyrotechniques sont classés en catégories selon leur niveau de danger et leurs conditions d'utilisation. Seuls les produits portant le marquage CE peuvent légalement être vendus, stockés, importés et utilisés sur le territoire français. Nos membres respectent intégralement ce cadre réglementaire, à la différence des opérateurs étrangers qui s'en affranchissent.
| Catégorie | Définition légale (art. R.557-6-3 C. env.) | Lieu d'utilisation | Niveau de danger | Âge min. | Certificat / Habilitation |
|---|---|---|---|---|---|
| F1 | Artifices de divertissement présentant un risque très faible et un niveau sonore négligeable, destinés à être utilisés dans des espaces confinés, y compris à l'intérieur d'immeubles d'habitation | Espaces confinés, intérieur d'immeuble | ● Très faible | 12 ans | ✓ Non requis |
| F2 | Artifices de divertissement présentant un risque faible et un faible niveau sonore, destinés à être utilisés à l'air libre dans des zones confinées | Air libre, zones confinées | ● Faible | 18 ans | ✓ Non requis |
| F3 | Artifices de divertissement présentant un risque moyen, destinés à être utilisés à l'air libre dans de grands espaces ouverts, dont le niveau sonore n'est pas dangereux pour la santé humaine | Air libre, grands espaces ouverts | ● Moyen | 18 ans | ✓ Non requis |
| F4 | Artifices de divertissement présentant un risque élevé, destinés à être utilisés uniquement par des personnes ayant des connaissances particulières (« artifices à usage professionnel ») | Réservé aux artificiers professionnels certifiés | ● Élevé | 18 ans | ⚠ Obligatoire |
| T1 | Articles pyrotechniques destinés à être utilisés en scène, présentant un risque faible | Scène, usage intérieur possible selon notice | ● Faible | 18 ans | ✓ Non requis |
| T2 | Articles pyrotechniques destinés à être utilisés en scène, uniquement par des personnes ayant des connaissances particulières | Espaces scéniques complexes, personnes qualifiées | ● Moyen | 18 ans | ⚠ Obligatoire |
| P1 | Autres articles pyrotechniques (hors divertissement et théâtre) présentant un risque faible — non mis à la disposition des particuliers pour certains usages (ex. airbags) | Usage industriel et professionnel | ● Faible | 18 ans | ✓ Non requis |
| P2 | Autres articles pyrotechniques destinés à être manipulés uniquement par des personnes ayant des connaissances particulières | Usage professionnel spécialisé uniquement | ● Moyen | 18 ans | ⚠ Obligatoire |
Source : Art. R.557-6-3 du Code de l'environnement · Décret n° 2015-799 du 1er juillet 2015 · Directive 2013/29/UE
Les médias et le grand public désignent improprement sous le terme « mortier d'artifice » ce qui est en réalité une chandelle romaine de catégorie F2 ou F3. Cette confusion terminologique est préjudiciable : elle empêche une réponse réglementaire précise et jette un discrédit injuste sur l'ensemble de notre filière professionnelle, qui n'a aucune part de responsabilité dans ces détournements.
Caisses de mortiers F4 professionnels — usage exclusivement réservé aux artificiers certifiés
Dans notre industrie, un « mortier » est un tube de gros calibre (de quelques centimètres à 15 cm) fonctionnant comme un mortier militaire, destiné exclusivement à propulser des bombes d'artifice F4 lors de spectacles professionnels. Ces équipements sont strictement réservés aux artificiers titulaires d'un certificat F4, entièrement traçables, et n'ont jamais été détournés.
Chandelle romaine F2 ou F3 utilisée comme projectile en milieu urbain, achetée illicitement en vente libre sur des sites marchands polonais ou tchèques
Ce qui est utilisé contre les forces de l'ordre est une chandelle romaine : un tube de carton de quelques dizaines de centimètres contenant des étoiles pyrotechniques propulsées en rafale. Sa petite taille la rend facilement dissimulable dans un sac à dos ou sous une veste. Ses utilisateurs sont souvent mineurs et s'approvisionnent sur internet auprès de sites étrangers.
Le principal canal d'approvisionnement des délinquants n'est pas le marché légal français approvisionné et suivi par les membres de l'ALFA. Ce sont des plateformes e-commerce légalement enregistrées en Pologne et en République tchèque, qui commercialisent des chandelles romaines F2 et F3 sans vérification d'identité, sans traçabilité des transactions et sans aucun contrôle de l'usage final.
Ces opérateurs exploitent la facilité de circulation des marchandises dans l'Union européenne pour s'affranchir totalement des règles françaises. Pourtant, la réglementation devrait s'appliquer dès lors qu'ils livrent sur le territoire national. L'arrêté du 17 décembre 2021 est sans ambiguïté : toute transaction doit être tracée, les achats suspects signalés. Ces sites n'en font rien.
Pendant que les membres de l'ALFA subissent cette concurrence déloyale, ces sites polonais et tchèques fournissent massivement les délinquants de toute l'Europe. Pendant que les membres de l'ALFA investissent dans la conformité réglementaire, la traçabilité et la formation, ces marchands polonais et tchèques vendent sans contrainte dans le silence des autorités de régulation. C'est inacceptable et c'est le cœur du problème.
L'arrêté du 17 décembre 2021 s'applique à toute vente destinée au territoire français. Ces sites ignorent totalement les obligations de traçabilité et de signalement des transactions suspectes.
Un mineur peut commander plusieurs dizaines de chandelles romaines F3 depuis son téléphone et les recevoir chez lui en quelques jours, sans le moindre contrôle. C'est strictement impossible via les circuits légaux français.
L'ALFA propose un amendement au projet de loi RIPOST pour bloquer l'accès à ces sites depuis la France, en s'appuyant sur le règlement européen DSA et les mécanismes de blocage administratif éprouvés en droit français.
Voir l'amendement →
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a présenté en Conseil des ministres le 25 mars 2026 le projet de loi Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité (RIPOST). L'ALFA soutient pleinement les dispositions renforçant la pression sur les opérateurs contrevenants et les usagers délinquants, et réclame qu'elles soient impérativement étendues au commerce électronique transfrontalier — aujourd'hui le principal canal d'approvisionnement illicite que le texte n'adresse pas encore suffisamment.
Création de délits spécifiques pour l'acquisition, la détention, le transport et la vente illicites d'articles pyrotechniques. L'ALFA demande que ces infractions couvrent explicitement les achats réalisés via internet auprès de sites étrangers.
Le préfet pourra ordonner la fermeture des points de vente contrevenants. L'ALFA demande l'extension logique de ce mécanisme aux boutiques en ligne, y compris celles établies à l'étranger.
Le préfet pourra saisir les produits détenus sans droit. L'ALFA propose de limiter ce dessaisissement aux seuls produits issus de filières illicites — une facture d'achat conforme permettant d'échapper à la mesure.
Drones, vidéo algorithmique, LAPI étendu, caméras individuelles — des outils indispensables pour protéger les agents face aux chandelles romaines utilisées comme projectiles.
L'ALFA soutient pleinement le renforcement des sanctions pénales pour les détournements illicites des articles pyrotechniques. Le durcissement des peines applicables au port et transport non autorisé (3 ans d'emprisonnement, 45 000 € d'amende) contribue directement à la lutte contre les violences urbaines liées aux mortiers d'artifice.
Trois dispositions appellent des modifications pour garantir que la filière légale ne soit pas indûment pénalisée. L'ALFA propose des amendements précis et proportionnés, en cohérence avec les observations formulées par le Conseil d'État lui-même.
L'arrêté du 17 décembre 2021 modifié impose aux opérateurs distribuant des articles pyrotechniques en France d'assurer la traçabilité des transactions et de signaler les opérations suspectes. De nombreux sites marchands établis en Pologne ou en République tchèque commercialisent librement des chandelles romaines F2 et F3 à des acquéreurs français sans aucun contrôle.
Le dispositif proposé s'inspire des mécanismes de blocage administratif déjà éprouvés : art. 6-1 LCEN (terrorisme, pédopornographie), art. L.333-10 du code du sport (contrefaçon, loi du 27 mars 2024). Il reprend leurs garanties : motivation obligatoire ; contrôle indépendant CNIL/ARCOM ; recours suspensif dans les 72 heures ; publicité de la liste des sites bloqués. Ces garanties assurent la conformité aux exigences du Conseil constitutionnel (décision n° 2020-801 DC) et de la CJUE.
Le projet de loi RIPOST étend le pouvoir de dessaisissement du préfet aux articles pyrotechniques détenus illégalement. Si cette mesure est légitime pour lutter contre les filières illicites, elle ne saurait, sans méconnaître le principe constitutionnel de proportionnalité et le droit de propriété (art. 17 DDHC), s'appliquer à des personnes ayant régulièrement acquis leurs produits auprès d'un distributeur français conforme.
Le présent amendement introduit une cause exonératoire fondée sur la production d'une facture conforme, permettant de distinguer : produits acquis en filière légale (facturation conforme) — hors champ ; produits acquis sur sites étrangers non-conformes — dans le champ.
Le mécanisme de dessaisissement tel que rédigé dans le PJL RIPOST vise une catégorie très large de détenteurs. Il pourrait être appliqué à des distributeurs professionnels détenant légalement des stocks. Or, le Conseil d'État lui-même a précisé que le dessaisissement doit être limité aux hypothèses de risques graves et imminents, impliquant une distinction entre détention illicite et détention légale. L'amendement consacre cette distinction, conformément au principe constitutionnel de proportionnalité (art. 17 DDHC).
Le Conseil d'État, dans son avis du 19 mars 2026, a lui-même estimé que l'institution d'un régime général de fermeture administrative porterait à la liberté d'entreprendre une atteinte disproportionnée. L'ALFA partage cette analyse. Le risque est réel que des préfectures ferment des points de vente légaux en cas d'arrêté d'interdiction générale, sans distinguer les opérateurs conformes des contrevenants. L'amendement reprend les garanties procédurales exigées par le Conseil d'État : préavis minimum de trois mois, encadrement réglementaire des circonstances justifiant une interdiction générale.
La suppression des termes « destinés au divertissement » dans les articles L. 557-10-1 et L. 557-10-2 du code de l'environnement constitue une modification substantielle et potentiellement déstabilisatrice du cadre juridique actuel. Ces termes délimitent précisément le champ des obligations applicables aux articles pyrotechniques de divertissement, par opposition aux explosifs industriels ou militaires. Leur suppression risque de créer une confusion réglementaire préjudiciable tant aux professionnels qu'aux pouvoirs publics eux-mêmes.
L'obligation nouvelle de vérification de l'âge et des qualifications peut parfaitement être insérée en maintenant la restriction aux articles « destinés au divertissement », sans modifier le périmètre général du dispositif. C'est précisément ce que propose le présent amendement.
Vous représentez un pouvoir public, une collectivité ou un média ? Vous souhaitez en savoir plus sur nos positions ou nos amendements ? Contactez la Délégation Générale de l'Alliance Française des Artificiers.
Toutes les demandes sont traitées en toute confidentialité. Votre message sera transmis directement à notre équipe.